Le Musée de Sainte Sophie

Le Musée de Sainte Sophie a été le musée qui a accueilli le plus de touristes en 2013. Ça n’a été non seulement la plus grande cathédrale du monde pendant plus que dix siècles mais aussi l’une des mosquées la plus importante de l’Empire pendant Cinque siècles. En 1935, sous l’ordre du fondateur de la Turquie Moderne Ataturk, la Sainte Sophie a pris sa forme d’aujourd’hui de musée donc plus un lieu de culte ni pour les musulmans ou chrétiens. En 1453, quand la Sainte Sophie avait ete convertie en mosquée les mosaïques ont été recouvertes d’un badigeon. Ceci a permis la protection des mosaïques pendant des siècles. La basilique a été érigée en 532 et elle fut inaugurée en 537 par l’Empereur Justinien, qui l’a consacré la sagesse divine qui signifie “Sainte Sophie”. Les deux architectes les plus connus de leurs époques, Anthémius de Tralles et Isidore de Milet ont réalisé la construction avec l’aide de plus que 10.000 ouvriers et 100 maitres maçons.     Les plus beaux marbres de toute la région méditerranée ont été acheminés pour utiliser dans la construction de la Siante Sophie. Elle a servi aussi de source d’inspiration pour la plupart des mosquées Ottomanes. La nef de 70 mètres fait partie de la plus grande coupole du monde .Le bâtiment a un hauteur de 56 mètres. Sainte Sophie aujourd’hui possède l’héritage de sa période Mosquée et d’Eglise en même temps. D’un cote le Mihrab (La niche de prière), les minarets, la fontaine d’ablutions et les plaques sur lesquelles sont écrits les noms du Prophète Mohammed et les Khalifes et de l’autre côté les mosaïques sur un fon d’or et les chapiteaux byzantines font un mélange unique dans le monde entier.

 

Ci-dessous vous pouvez trouver les mosaïques les plus attractives de Sainte Sophie qui permettent de mieux découvrir son histoire :

 

Dans le narthex intérieur de Sainte Sophie la porte du milieu est appelée «Porte Royale», c’était l’accès réservé aux cortèges impériaux.

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Au-dessus de la «Porte Royale», se trouve un tympan orné d’une mosaïque du «Christ Pantocrator» datée de 920. Jésus est représenté en majesté, assis sur un trône, tenant dans la main un livre ouvert. On peut y lire «Paix à vous, je suis la lumière du monde». La Vierge Marie et l’archange Gabriel figurent dans les médaillons  placés à droite et à gauche du trône. Le personnage qui se prosterne devant le Christ est probablement l’empereur Léon VI. Cette scène a suscité différentes interprétations. Parmi celles-ci nous retenons l’hypothèse qu’il est en train de demander la permission de se marier une quatrième fois afin que le fils qu’il a eu de sa maîtresse Zoé puisse devenir son héritier légal. Selon une autre version, l’empereur implorerait le pardon pour l’iconoclasme de ses prédécesseurs.

Cette mosaïque est la première à avoir été réalisée dans Sainte Sophie après l’époque iconoclaste. L’iconoclasme byzantin qui va de 726 à 843 est un long conflit ayant pour origine la représentation en images du Christ, de Marie et des Saints. Pendant cette querelle de nombreuses images du Christ ont été renversées, des mosaïques détruites ainsi que d’innombrables fresques recouvertes de peinture.

Quand Sainte Sophie a été transformée en mosquée, les mosaïques n’ont pas été détruites, seul un badigeon de chaux a été appliquée sur l’ensemble des images de l’édifice. Il a fallu attendre les travaux de restauration des années 1930 pour pouvoir à nouveau les admirer.

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Au-dessus de l’emplacement du mihrab, c’est à dire à l’intérieur de la calotte de l’abside se trouve une mosaïque représentant la Vierge Marie avec Jésus enfant sur ses genoux. Elle est datée du 9e siècle et fait ainsi partie des premières images réalisées dans l’église après la période iconoclaste.

 

Cette image profite toujours d’un éclairage exceptionnel pour mettre en valeur l’une des plus belles figures de Marie dans toute l’iconographie byzantine.

 

Deux autres mosaïques, probablement de la même période représentent deux archanges. De celui de gauche ne sont visibles que les pieds, par contre celui de droite, en meilleure état de conservation, est une illustration de l’archange Gabriel.

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La plus importante des mosaïques de l’édifice est datée aux environs de l’an 1261. Même abîmé dans sa partie inférieure, elle est considérée comme l’une des œuvres les plus prestigieuses de l’art byzantin à Constantinople. Elle représente le groupe appelée Deisis, Jugement Dernier. Marie et Saint Jean Baptiste intercèdent auprès de Jésus en faveur des fidèles. La mosaïque à fond d’or est merveilleusement éclairée par la lumière qui vient des fenêtres situées tout à côté d’elle.

 

 

 

On remarque un grand souci de réalisme dans l’expression du visage de Jésus. Le menton fort, la longue arête nasale, la moustache dessinée avec vigueur et les sourcils marqués confèrent au personnage fermeté et sévérité. Les joues ombrées de rouge, l’ondulation de la chevelure et les yeux au regard paisible prêtent à ce Christ un caractère clément et proche des hommes. On peut interpréter cette expression, qui est fréquente dans l’art byzantin, comme intermédiaire entre la justice et la clémence.

 

 

 

L’art occidental du Moyen Age représentait le Christ autrement, l’accent n’était pas mis entre le caractère humain et la souveraineté divine, mais plutôt sur l’expression de la Majesté de Dieu dont la grandeur dépasse la compréhension des simples humains.

 

 

 

 

 

Dans cette scène du Jugement Dernier, le Christ de sa main droite fait un geste de bénédiction et tient un Évangile dans l’autre main. On suppose qu’il était assis sur un trône, mais il ne reste que quelques fragments de mosaïques représentant un tabouret sur lequel son pied était posé. Nous ne savons pas si la dégradation de cette mosaïque est due à sa vétusté ou à une forme de pillage religieux. Certaines sources nous rapportent que des morceaux de mosaïques de cette œuvre auraient été vendues aux pèlerins chrétiens.

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Cette scène représente la Vierge portant Jésus enfant, entourée de deux personnages en tenue d’apparat. Ce sont l’empereur byzantin Jean Comnène et sa femme Irène. Sur le pan de mur voisin à l’impératrice, nous pouvons voir Alexios, leur fils. La faible constitution d’Alexios est illustrée avec une frappante réalité. Il était malade et mourra jeune de tuberculose. L’impératrice Irène d’origine hongroise, avec ses cheveux blonds tressés, a une apparence différente des femmes byzantines. L’expression presque gênée de son regard évoque la réserve discrète dont peut faire preuve une personne étrangère.

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Jésus en majesté est la figure principale de la cette mosaïque. Il est représenté entre l’impératrice Zoé et Constantin Monomaque, son troisième mari. Zoé a hérité de son père Constantin VIII son titre d’impératrice. Elle est restée célèbre pour ses nombreux mariages, on dit qu’elle faisait remplacer à chaque fois sur la mosaïque le visage et le nom de son époux décédé par ceux du nouveau. On suppose donc que cette mosaïque a été exécutée du temps de son premier époux Romain III Argyre.

 

Zoé s’était mariée la première fois à l’âge de 50 ans et 3 jours plus tard son père décédait. 6 ans après, elle fera assassiner son mari Romain III et le soir du meurtre elle épousera son jeune amant qui deviendra l’empereur Michel IV le 11 avril 1034. Michel souffrant d’épilepsie, mourra en 1041. Son neveu est devenu empereur prenant le nom de Michel V.

 

Il n’a fallu que quelques semaines à Zoé pour se débarrasser de ce nouvel empereur. Elle l’a fait aveugler, car une loi byzantine stipule qu’un aveugle ne peut pas régner. Ainsi seulement six mois après le décès de son deuxième mari, Zoé âgée de 64 ans convolera en troisièmes noces avec le noble sénateur Constantin Monomaque, qui sera couronné le lendemain du mariage. C’est dans la dernière année du règne de cet empereur en 1054 que surviendra la rupture de l’union dans l’Eglise Chrétienne, c’est à dire le Schisme qui divisera les orthodoxes et les catholiques.

 

Sur ce panneau, le couple impérial est représenté habillé de riches vêtements. L’empereur offre au Christ une bourse emplie d’or, l’impératrice tient un manuscrit en signe de donation. L’inscription au-dessus de la tête de l’empereur signifie « Constantin dans le Christ Dieu, le fidèle roi des Romains ». Le Christ porte un vêtement simple de couleur sombre, qui contraste avec le trône richement décoré sur lequel il est assis. Il tient dans une main un Évangile ornée d’une croix et de l’autre main fait un geste de bénédiction.

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Cette mosaïque probablement exécuté sous Basile II représente la Vierge et l’enfant Jésus entourés de l’empereur Constantin le Grand qui a donné son nom à la ville et de l’empereur Justinien fondateur de Sainte Sophie.

 

D’Ailleurs vous remarquerez que Constantin présente à la Vierge une reproduction de la ville, symbolisée par des remparts et Justinien une reproduction de la basilique. De chaque côté des personnages sont inscrits en grec ancien leur nom et leur titre. Ces inscriptions peuvent être lues de haut en bas.

 

La Vierge est assise sur un trône et porte l’enfant Jésus dans ses bras. Les monogrammes placés de chaque côté de sa tête signifient Mère de Dieu.

 

Remarquez une utilisation particulière de la perspective employée pour le podium sur lequel est placé le trône. Le point de fuite est placé chez le spectateur, ce qui donne l’illusion que le personnage pourrait sortir du panneau.

 

Le refus de la perspective ou l’utilisation de la perspective inversée déroute l’homme de culture moderne habitué à la perspective linéaire. Mais ces deux techniques étaient fréquentes dans les compositions byzantines. L’effet recherché était de placer le récit hors de l’espace et du temps et de donner l’impression que le divin vient à la rencontre de l’homme.

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Saint Jean Chrysostome ou Jean d’Antioche,  a été archevêque de Constantinople et l’un des pères de l’Église grecque.

 

Son éloquence est à l’origine de son surnom de Chrysostome (en grec ancien  littéralement « Bouche d’or »). Cependant, sa rigueur et son zèle réformateur l’ont conduit à l’exil et à la mort.

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Alexandre était le frère de Léon VI, c’est le personnage agenouillé qui figure sur la mosaïque au-dessus de la Porte Royale.

 

L’emplacement de la mosaïque représentant Alexandre est très étonnant puisqu’il se trouve dans le coin le plus sombre de la basilique.

 

L’explication se trouve peut-être dans la relation qu’avaient les deux frères. En fait, à la mort de leur père Basile, Alexandre partageait officiellement le titre d’empereur avec son frère Léon VI. Mais il n’intervenait pas dans les affaires d’état et était connu pour avoir une vie plutôt dissolue.

 

On suppose que cette mosaïque  a été réalisée lors de ce pouvoir partagé et qu’Alexandre toujours à l’ombre de son frère aurait été représenté dans une galerie sombre de la Basilique.

 

 

ozanRédigé par notre spécialiste Turquie, guide professionel : Dr .Ozan Tunçer


 

 

 

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